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Un encadrement trop normatif risque de tuer la diversité
Michel ISSALY, Secrétaire général des Vignerons Indépendants de France et vigneron indépendant à Gaillac, 05 septembre 2007 : Qu’arrive donc t’il à cette viticulture, qui depuis des années n’a cessé de se regarder le nombril tout en refusant de se développer et de s’adapter, empêtrée qu’elle est dans un système social qui lui permet encore de tenir la tête hors de l’eau. En aidant souvent les plus mauvais, elle est en train de condamner les plus performants (qui eux, ce sont souvent développé sans aucune aide) touchés qu’ils sont par cette concurrence déloyale de ceux qui n’ont fait aucun effort mais qui sont outrageusement soutenus par des subventions qui ne servent plus à aider à la compétitivité mais uniquement à la paix sociale ou à une réélection. Je pensais que nous touchions le fond et que nous allions enfin nous relever. Non, que nenni. Au milieu de ce cataclysme, l’Etat et l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) n’ont pas trouvé mieux pour soit disant relever le niveau de nos magnifiques AOC que de les reformer d’une manière qui risque d’enfoncer encore plus notre viticulture. Alors que nous avons absolument besoin de nous libérer de nos chaînes pour retrouver de la compétitivité, en entrant enfin dans une logique économique, cette reforme n’est rien d’autre que normative et réglementaire. Elle va infliger des dégâts considérables au secteur viticole condamnant, par la même occasion, un certain nombre de petites entreprises qui ne pourront pas s’adapter aux nouvelles contraintes. A une époque ou l’ensemble de nos décideurs n’ont que le mot « développement durable » à la bouche, nous allons voir, dans l’indifférence la plus totale, disparaître un nombre important d’acteurs de l’enrichissement du territoire rural. La première valeur d’un Vigneron est de transmettre à ses enfants, la terre comme il l’a trouvé. Que va-t-on laisser à nos enfants ? Que restera-t-il d’une des plus grande force de la viticulture Française, LA DIVERSITE ? Diversité, qui permet aujourd’hui d’exploser le nombre de passionnés du vin. Qu’en sera-t-il demain s’il n’existe qu’un ou deux vins ? Même si technologiquement et gustativement ils sont parfaits. Nous vivons décidemment une époque formidable ! Michel ISSALY
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OPA sur la viticulture (Essai de Roland FEREDJ - Directeur du CIVB - Editions Féret)
Jean CLAVEL, Vigneron Indépendant dans l'Hérault, le 30 juillet 2007 :
C’est un essai de 92 pages, petit format, dont le contenu facile à lire et à comprendre, démontre à quel point, la réforme en cours des syndicats AOC et de l’agrément des vins AOC, due à l’ordonnance du 7/12/2006 est technocratique et pesante, si l’on se réfère à des critères de compétitivité commerciale du marché mondial des vins, si on compare la lourdeur administrative française à celle de nos concurrents européens directs comme l’Espagne et l’Italie, qui ont réalisé leur aggiornamento dans ce domaine. Elle est inutile et coûteuse, et opposée à la volonté du président actuel de la République qui souhaite que les entreprises fassent preuve de dynamisme dans la compétition internationale, aidées en cela par les services de l’Etat. Cette réforme est pensée et mise en œuvre par des fonctionnaires parisiens, défenseurs d’un « Etat Jacobin qui lance de façon tonitruante ses dernières cartouches ». Ils ont utilisé la « fenêtre de tir »de la crise viticole actuelle, sans concertation avec les opérateurs de terrain, pour mettre au pas les syndicats AOC trop indépendants. Ils leur reprochent d’être « un syndicalisme de proximité cœur battant de la philosophie des AOC dont le maillage assure la vitalité collective indispensable ». Il y a donc eu une réelle volonté politique de redessiner le paysage viticole français et de profiter de la crise pour faire réintégrer à la partie la plus riche et parfois dissidente de la viticulture, le giron agricole commun. (Est-ce la FNSEA ?) On accuse les professionnels viticulteurs AOC de laxisme dans la gestion syndicale de leurs vins. En particulier en matière d’agrément, « le plus extraordinaire est qu’ils intériorisent leur culpabilité, bien à tort. Jusqu’à preuve du contraire, l’application des décrets d’appellation, relève de l’INAO, dont les responsables, le personnel administratif, et l’ensemble des professionnels associés sont choisis et nommés par l’Etat ». Faut-il ajouter aussi que la création des ODG n’était pas indispensable, si un prétendu laxisme prévalait dans la gestion de certaines AOC il aurait simplement suffi de faire respecter les textes pour mettre fin aux dérives Il est abusif de charger injustement la barque des professionnels, le mauvais exemple est venu d’en haut et plus précisément du fonctionnement de l’INAO. Quelques remarques sur le fond : l’auteur prend partie, sans beaucoup de nuance, dans un débat encore à vif entre viticulture AOC et viticulture vin de table et de pays, mais il faut reconnaître qu’il condamne l’initiative « vins de pays de France »…. il fallait oser transformer une tentation marketing en stratégie calamiteuse, c’est parfois le cas des juristes qui s’égarent…. Justement, l’auteur commet quelques approximations en matière juridique, il ne maîtrise pas bien la transformation prévue des syndicats AOC en ODG, le concept d’obligation d’adhésion dans le cadre de la loi de 1884 sur les syndicats, ou la difficile interprétation de l’article L. 644-5 de l’ordonnance excluant la représentativité des opérateurs non déclarant de récolte des délibérations de l’ODG viticole. Il faut dire que l’INAO et la CNAOC ont contribué à brouiller les esprits dans ces domaines si compliqués. Il faut impérativement lire et faire lire cet essai d’un auteur qui connaît parfaitement l’organisation de la viticulture, la production et la mise en marché mondiale des vins français et qui a le courage de décrire simplement les handicaps administratifs, politiques, de mise en marché, d’un des principaux secteurs économiques français, acteur majeur de la balance commerciale positive de notre pays. Jean CLAVEL
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Sortons du huis clos !
Michel GENDRIER, Vigneron Indépendant du Loir et Cher, le 3 juillet 2007 : Les vins français, malgré la concurrence mondiale, jouissent toujours d'une notoriété particulière dans la majorité des pays. Notre image, principalement basée sur le terroir et les AOC, est toujours positive. Les difficultés des dernières années auxquelles s'ajoutent les imperfections de l'agrément avec une profession à la fois juge et partie ont logiquement conduit à une réforme. Quelle réforme ? Elle est présentée dans les vignobles comme une simplification, bien que personne ne sache en détailler les contours exacts. Quelles sont les contraintes nouvelles au niveau des exploitations ? Quel en sera le coût ? Aucune réponse crédible ! Pour notre vignoble de Loire région Centre, une demande de subvention pour quatre postes créés spécialement pour la mise en place de la réforme été présentée dans le contrat de plan Etat-région. Bizarre pour une réforme présentée comme neutre au niveau du coût... Et là, il s'agit de la gestion collective et quel sera le coût pour chaque unité de production, en temps, en investissements, en contraintes administratives, en perte d'énergie et d'efficacité. Tout en approuvant le principe de la réforme, les Vignerons Indépendants de France ont tenu à informer l'ensemble des vignerons sur les dérives possibles et donnent des informations claires sur les principes de la réforme à travers leur blog. Je suis étonné que nos amis négociants sous la plume de Louis Régis Affre qualifient d'attitute partisane le fait de donner la parole, d'informer les vignerons sur une réforme majeure et d'intervenir afin que ce soit supportable pour les producteurs et positif pour nos AOC. Alors que de nombreux vignerons sont en difficultés, nous souffrons d'une concurrence basée sur des règles de production aux contraintes minimum, devons-nous encore nous affaiblir avec des règles insupportables ? Le but n'est-il pas l'efficacité, le respect de l'éthique des AOC et l'amélioration de la qualité ? Sortez du huis clos et devenez pragmatiques ! Tout doit être fait pour limiter les dérives et tout à fait d'accord avec Mr Affre pour se mettre autour d'une table pour contribuer à un débat constructif, analyser les difficultés et proposer des solutions. Ce sont les entreprises qui font vivre les AOC, producteurs et négociants. Je suis toujours stupéfait de voir des professionnels de grande qualité, dès lors qu'ils sont nommés, se sentir investi d'une vérité et d'une certitude telle que plus aucun doute n'est permis. A tous les décideurs, je suggère d'écouter les vignerons et aussi de méditer sur les paroles de Jean Gabin. Quand j'étais gosse, j'disais, je sais, je sais, je sais, je sais Et de conclure, Maintenant, je sais, je sais qu'on ne sait jamais. Michel GENDRIER Si, comme Michel GENDRIER, vous voulez prendre la parole. Envoyez votre texte à l'adresse suivante : blogaoc@yahoo.fr ! Si vous souhaitez simplement réagir briévement, cliquez sur "Commentaires" ci-dessous.
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Avenir de la viticulture familiale
Jean CLAVEL, Vigneron Indépendant dans l'Hérault, le 25 juin 2007 :
La viticulture française a comme caractéristique principale son type familial, dans la terminologie moderne des entreprises nous sommes des TPE (très petites entreprises) . L’organisation administrative centenaire de notre production est fondée par cette situation. Lorsque Joseph Capus a inspiré et mis en œuvre la protection légale des appellations d’origines (depuis 1905 la première loi sur la répression des fraudes, à 1919 la loi sur les appellations, jusqu’en 1936 la création du Comité national des appellations d’origine transformé plus tard en INAO), tout a été pensé en fonction de cette donnée fondamentale. Nous sommes principalement des entreprises familiales. Cette situation n’a pas changé, et nous souhaitons, je pense, qu’elle perdure. Les syndicats AOC sont encore l’armature à la fois défensive et d’organisation professionnelle de la viticulture familiale. L’INAO avait, plus ou moins bien, parfois soumis à la pression de quelques appellations dominantes, géré cette situation de façon efficace et relativement consensuelle. L’institut bénéficiait d’un acquis juridique puissant grâce à Joseph Capus, le pouvoir politique avait un droit limité sur ses décisions collectives. Il y a en France (minoritaires dans notre pays) et dans le monde d’autres types de production viticole, de type industriel agro-alimentaire, dont le président actuel du Comités vin et Spiritueux de l’INAO est un bon représentant. Quelques entreprises d’origine française sont devenues des leaders mondiaux sur ces options industrielles Agro Alimentaires viticoles. Elles sont des concurrentes redoutables de nos productions familiales sur le marché international. Au plan institutionnel elles s’appuient, avec le concours des USA, sur la construction de règles internationales libérales de l’OMC à Genève. La réforme de l’INAO introduite par l’article 73 la loi d’orientation agricole du 5 janvier 2006 et l’ordonnance du 6/12/2006, bouleverse l’organisation antérieure et supprime de fait le syndicalisme viticole défenseur de l’exploitation viticole familiale. Si la réforme va jusqu’au terme de sa logique, les ODG qui remplacent les syndicats AOC deviendront des structures para-adminstatives, dont le fonctionnement sera le prolongement d’une administration centralisée progressivement vidée de toute défense professionnelle. Les représentants professionnels viticoles qui ont accepté sans consultation réelle et approfondie de leurs mandants, les diverses étapes de cette réforme, ont sans vraiment le mesurer, pris une responsabilité majeure dans la mise en cause de la structure familiale de la viticulture française. De plus, ils ont agi en complète incohérence sans ternir compte des autres réformes en cours, le projet de segmentation des vins dont le nouveau ministre de l’agriculture vient de relancer l’objectif en demandant au président de Viniflhor de lui présenter rapidement la structure, et la réforme de l’OCM vin qui sera présenté le 4 juillet à Bruxelles et dont on pense qu’elle sera politiquement compatible avec les orientations de l’OMC de Genève. Comment, dans ce fatras de projets et d’orientations contradictoires, trouver la bonne décision d’investissement sur chaque exploitation familiale ? Nous n’avons plus de boussole professionnelle !!! Jean CLAVEL Si, comme Jean CLAVEL, vous voulez prendre la parole. Envoyez votre texte à l'adresse suivante : blogaoc@yahoo.fr ! Si vous souhaitez simplement réagir briévement, cliquez sur "Commentaires" ci-dessous.
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Une réforme : pour qui, pour quoi ?
Bernard BOYER, Vigneron Indépendant à VISAN (Vaucluse), le 20 juin 2007 :
La réforme de l’agrément est en panne et rencontre une forte opposition de la part des vignerons. A y regarder d’un peu plus près, ce n’est guère surprenant ! Le moment est d’abord fort mal choisi. Quand le souci prioritaire de nombreux vignerons est la survie à court terme de leur exploitation, ils ne sont pas très réceptifs aux ODG, RTH, OC, OI, CAC... Les objectifs de la réforme n’ont pas été clairement établis. La seule raison avouée est la mise en cohérence de la viticulture avec les autres productions agricoles bénéficiant de labels où les contrôles sont effectués par des organismes indépendants, et non par la profession c'est-à-dire par ceux qui sont contrôlés. Pour parvenir à cet objectif, il n’était pas nécessaire de remettre en cause tout le système d’agrément. Un autre des objectifs de la réforme, un peu moins avoué, mais sous jacent, est l’amélioration de la qualité des vins. Ce problème existe mais il est certain que la réforme de l’agrément, telle qu’elle est conduite actuellement, n’apportera rien et ceci pour plusieurs raisons. Le maître mot de la réforme est contrôle, or il y a encore plus de vignerons que de contrôleurs, il n’y en aura donc pas un pour chacun. Les objectifs n’ayant pas été définis, les groupes de travail qui se sont créés pour travailler sur la réforme se sont éparpillés. Pire encore, certains se sont crus investis d’une mission de sauvetage de la viticulture française et ont commencé d’inventer de nouvelles règles guidés qu’ils étaient par des intervenants, qui pour la plupart, n’ont jamais vinifié un litre de vin ou rempli un dossier d’agrément. La réforme de l’agrément cherche à tout contrôler et enfermer dans un cadre général applicable à tous. Or, dans le cas précis l’amélioration nécessaire de la qualité est la somme de cas particuliers et ne peut pas être vue sous la forme de « je ne veux voir qu’une seule tête ». Or nos dirigeants (Centres de dégustation, INAO) ont le privilège de voir passer depuis plusieurs décennies toutes les cuves de tous les vignerons et avaient donc tout le temps de faire une analyse détaillée des manquements à la qualité. On n’en a jamais vu une seule. En revanche, ils n’hésitent pas à mettre en place un système dont rien ne dit qu’il sera meilleur que le précédent (on est à peu près certain du contraire) et dont on est certain qu’il coûtera plus cher. Et pour couronner le tout, il existe un émulation malsaine entre les appellations pour pouvoir dire qu’on a été bon élève et qu’on a été le premier à trouver LA solution. Les vignerons attendent de leurs dirigeants qu’ils les aident à améliorer leur compétitivité, pas qu’ils inventent des systèmes qui les empêchent de travailler. Bernard BOYER. Si, comme Bernard BOYER, vous voulez prendre la parole. Envoyez votre texte à l'adresse suivante : blogaoc@yahoo.fr ! Si vous souhaitez simplement réagir briévement, cliquez sur "Commentaires" ci-dessous.
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La possibilité de choisir, le droit de refuser !
Agnès PAYAN, en charge de ce dossier aux Vignerons Indépendants de France et vigneronne indépendante du Gard, 11 juin 2007, Edito :
Il faut refuser la standardisation par l’approvisionnement, la façon de se comporter… En s’adaptant nous faisons exprimer la nature… et créons une identité unique. Il est de notre devoir de refuser l’encadrement à outrance qui mène de fait à la certification ! Parce que je suis persuadée que la seule sanction de notre aptitude à être vigneron vient du marché. Je souhaite que la réforme en cours aujourd’hui autour des mots barbares d’ODG, de RTH, d’OI … ne se fasse pas en dépit du bon sens, à l’aveuglette, sans réflexion et adhésion collective. Alors STOP, mettons nous autour de la table et faisons taire un moment ceux qui croient pouvoir décider pour toute une profession, quand bien même ils se disent nos représentants ! S’il vous plaît, dites moi que nous ne sommes pas une minorité à être dans cet état d’esprit ! L'intégralité de l'Edito est accessible ici. Si, comme Agnès PAYAN, vous voulez prendre la parole. Envoyez votre texte à l'adresse suivante : blogaoc@yahoo.fr ! Si vous souhaitez simplement réagir briévement, cliquez sur "Commentaires" ci-dessous.
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