La possibilité de choisir, le droit de refuser !
Agnès PAYAN, en charge de ce dossier aux Vignerons Indépendants de France et vigneronne indépendante du Gard, 11 juin 2007, Edito :
Il faut refuser la standardisation par l’approvisionnement, la façon de se comporter… En s’adaptant nous faisons exprimer la nature… et créons une identité unique. Il est de notre devoir de refuser l’encadrement à outrance qui mène de fait à la certification ! Parce que je suis persuadée que la seule sanction de notre aptitude à être vigneron vient du marché. Je souhaite que la réforme en cours aujourd’hui autour des mots barbares d’ODG, de RTH, d’OI … ne se fasse pas en dépit du bon sens, à l’aveuglette, sans réflexion et adhésion collective. Alors STOP, mettons nous autour de la table et faisons taire un moment ceux qui croient pouvoir décider pour toute une profession, quand bien même ils se disent nos représentants ! S’il vous plaît, dites moi que nous ne sommes pas une minorité à être dans cet état d’esprit ! L'intégralité de l'Edito est accessible ici. Si, comme Agnès PAYAN, vous voulez prendre la parole. Envoyez votre texte à l'adresse suivante : blogaoc@yahoo.fr ! Si vous souhaitez simplement réagir briévement, cliquez sur "Commentaires" ci-dessous.
Commentaires (6) :
Je comprends bien l'enjeu pour les vignerons mais pour le consommateur? Est-ce qu'avec cette réforme, le consommateur que je suis aura la garantie de qualité recherchée dans les AOC? Publié par FRANCESNI | 11/06/2007
L'AOC n'est pas (ne devrait pas être) synonyme de qualité. C'est la garantie d'une ORIGINE qui donne une SPECIFICITE.Il faut absolument lever ce malentendu entre producteurs et consommateurs.
La nouvelle réforme ne fait qu'accroître cette confusion, plus un peu plus de méfiance.
l'AOC n'est pas( MAIS DEVRAIT L'ETRE ) synonyme de qualité. Sinon quel intérêt pour le consommateur ?
Pour beaucoup de clients, notamment étrangers, l'important n'est pas l'origine mais le cépage et le gout.
Il faut oser dire que la notion d'AOC comme signe de qualité est largement galvaudée : il suffit de prélever des bouteilles en GD pour s'apercevoir que le seul intéret de certains flacons se résume a etre sur de leur origine ! et encore ....
Il faut donc plus de rigueur et de cohérence et la réponse de l'INAO est d'imposer plus de controles.
La question est de savoir si ce flicage va permettre de redresser le systeme ou si auparavant, la faillite économique des plus faibles aura permis de résoudre
la surproduction. Publié par Chris | 15/06/2007
Désolé, je me suis mal exprimé. Par Qualité j'entendais la chaîne des procédures et protocoles à mettre en oeuvre pour l'obtention d'un produit final, une assurance qualité.
La nouvelle réforme subordonne l'utilisation du label AOC à une forme de certification obligatoire. Ca s'appelle du chantage.
Bonjour,
Lisant un peu de littérature viticole, j’ai suivi les discussions et réflexions des hommes politiques et professionnels ayant abouti à l’ordonnance que vous citez dans votre blog et à la nouvelle structuration de votre filière.
Eh bien, permettez moi de vous signaler que vous êtes mal « parti » à la lecture de cette organisation.
En effet, j’ai toujours connu le monde viticole en mouvement pour reprendre un terme à la mode, parfois chaotique certes, mais aboutissant toujours à des évolutions majeures dans votre métier. Ce mouvement, il était organisé autour d’un Syndicat de défense qui faisait des propositions mais également souvent par des Syndicats dissidents sans lesquels ne seraient pas apparues ici les vignes larges, là la machine à vendanger et d’autres évolutions majeures de votre métier.
Pourquoi ces minorités ont elles réussies à se faire entendre ? Tout simplement parce que votre INAO était dans l’obligation d’étudier toute demande émanant d’un Syndicat (même minoritaire) et de demander l’avis aux autres. De cette réflexion naissait un mouvement et nombre de dossiers de reconnaissance en AOC ou d’évolutions techniques en sont le fruit..
Demain, exit les « dissidents » qui ont parfois des choses intelligentes à dire. Seul le puissant ODG (verrouillée par quelques uns dans certaines AOC) sera consulté. A ceux qui voudront faire évoluer tel ou tel point dans votre filière, on leur répondra : mais tu peux venir voter à l’AG ! Vive le droit d’expression .
Ce que je veux dire c’est que demain vos syndicats seront des fossiles, vivants mais fossilisés dans l’action et la réflexion.
N’oubliez pas qu’en 1935, votre INAO a été créée par une minorité d’illuminés ! Dans vos appellations, comme dans les entreprises, ce sont souvent les « anormaux » et « inadaptés » qui créent la richesse, rarement la majorité silencieuse.
J’ai connu ça dans d’autres filières agro-alimentaires, ne vous laissez pas enterrer. Hardi Mesdames et Messieurs.
Par ailleurs le système de contrôle qui vous est proposé, tout le monde sait que les pétroliers sont contrôlés de cette manière(Bureau Véritas), cela ne les empêche de couler.
Un consommateur qui veut encore pouvoir s’émerveiller devant un verre.
Publié par Un consommateur | 20/06/2007
MERCI à "un consommateur". J'aime entendre ce genre de discours, vous vous en doutez ! Car le principal des arguments avancés est justement "pour répondre aux attentes du consommateur" ! La preuve est faite que tout consommateur est "pluriel" dans ses comportements, n'en déplaise à ceux qui veulent que nous marchions tous au pas. Mr "un consommateur", très averti tout de même vu les propos, j'espère que d'autres pensent comme vous. Encore merci de votre témoignage. (PS: Très vrai l'exemple des pétroliers) Publié par PAYAN Agnès | 20/06/2007
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